Collongessous-Salève

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Patrimoine culturel

Collonges-sous-Salève est un bourg haut-savoyard (3900 habitants en 2014) qui s’est au fil du temps naturellement constitué autour de la principale voie d’accès menant de la plaine genevoise à la crête du Mont Salève. Sa proximité avec le canton de Genève, sa situation au creux de ce piémont agréablement situé, le dote d’une position géographique privilégiée. Nombreux y sont les points de vue remarquables tant sur le lac Léman et la plaine genevoise avec le Jura comme toile de fond, que sur les falaises de calcaire du Salève.

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Dès l’âge de bronze (2000 ans avant J-C), les grottes du sommet du Salève sont habitées. L’origine du mot Salève vient de Salebra qui signifie lieu d’accès difficile. La situation en surplomb est stratégique, elle protège ses premiers habitants, des métallurgistes, d’éventuelles attaques ennemies. Au pied de la montagne, un menhir « la Pierre-Grand » (disparu au 19ème siècle) nous indique l’appartenance de Collonges à l’ensemble mégalithique haut savoyard s’étendant au sud du Léman et le long de la vallée de l’Arve.

C’est entre le IVème et le Vème siècle, trouvant le site du pied du Salève favorable, qu’un peuplement de colons fonde un bourg agricole ; Collonges pourrait provenir du latin Colonica (colonie) bien que d’autres sources avancent que les colons auraient été originaires de la seigneurie de Collonges (Ain).

Dans tous les blasons, on retrouve une trace des événements marquants de l’histoire d’une commune, d’où la présence sur les armoiries de Collonges-sous-Salève des éléments historiques et patrimoniaux suivants :

  • la silhouette du Salève occupe une place prépondérante : le chef de l’écu tel un château-fort protecteur, au pied duquel Collonges-sous-Salève s’est établi et a prospéré
  • les couleurs jaune et bleu (d’or à trois pals d’azur) représentent les armes de l’ancien baillage de Ternier auquel Collonges-sous-Salève a été, comme les communes voisines, attaché jusqu’à la révolution
  • le drapeau de Savoie (écusson gueules à croix d’argent) rappelle que jusqu’en 1860, Collonges-sous-Salève faisait partie du duché de Savoie
  • une poignée de mains, symbole du bien vivre et de l’amitié individuelle et collective entre Collongeois(es) et nos voisins Suisses

Nous vous présentons Collonges de bas en haut…. Ou du Nord au Sud….

Notre territoire (613 hectares) s’étend de la frontière avec la Suisse jusqu’au sommet du Salève, ceci sur presque 800 m de dénivelé sur lesquels s’étagent hameaux et quartiers.

1- Le Bas Collonges

Avant 1815, Collonges s’étendait sur des terres qui sont maintenant sur le territoire genevois.
Le quartier de la douane a de tout temps été zone de commerces. À l’époque savoyarde, depuis la plaine genevoise, l’accès à Collonges s’effectuait par un chemin longeant la Drize et venant d’Evordes. Puis une route se crée et donne à l’entrée de Collonges la configuration qu’on lui connaît actuellement. En 1907, le tramway (qui remplace les voitures à chevaux) venant de Genève entre en fonction, il convoie surtout les week-ends et jours de congé des flots de voyageurs qui vont randonner au Salève.

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Sur la place du marché, une croix de mission date de 1874. A droite après la voie ferrée, un très bel exemple de ferme savoyarde n’ayant subi que peu de transformations. A cette ferme est adossée une grange dont le bois est encore décoré tel qu’on le faisait à l’époque.

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Puis on découvre le quartier du Pressoir, groupe de maisons anciennes dont la maison du peintre Gaston-Pierre Galey (1880-1959) enterré au cimetière de Collonges. De l’autre coté de la route, un moulin que la Drize, maintenue à ciel ouvert à cet endroit, faisait jadis fonctionner. A cet endroit, la mappe sarde nous situe un ensemble de moulins appartenant à la famille Villard.

Ce quartier était aussi une ancienne entrée de la propriété de Beaumont, hélas détruite lors de la création de l’autoroute. Une croix de mission, la plus ancienne de Collonges, datant de 1760 est également visible à cet endroit.

2- Rue Verdi/le Chef-lieu

Panneau Rue verdi 1050207-1Collonges_2012

 

 

 

 

 

 

 

Sur la gauche avant le rond-point se trouve la maison dite « de la Céline » qui est une ancienne épicerie citée dans le livre « Maisons de Savoie 1932  » de Charles Anthonioz. Le monument aux morts de Collonges est l’œuvre de ce sculpteur et historien de la Savoie (1877-1937), beau-père de Geneviève Anthonioz-De Gaulle. En dessus (emplacement actuel de l’autoroute) se situait l’ancien cimetière de Collonges.

Collonges_2012

A l’entrée de la rue Verdi on découvre une belle « Maison forte Savoyarde », déjà répertoriée dans la Mappe Sarde de 1730 ; cette habitation que M. Claude Berthollet, notable Collongeois, notaire royal, bourgeois de la ville d’Annecy et sa famille (aïeux du célèbre chimiste Claude-Louis Berthollet 1748-1822) ont restauré et habité. Elle fut acquise en 1860 par M. Henry Boutillier de Beaumont.

 

Plaque eglise 1060426Le curé J.-M. Frère célèbre pour ses sermons et ses écrits en vers et en prose a servi l’office dans l’église qui date de 1850. Le musicien Giuseppe Verdi s’est marié en 1859 avec la cantatrice Guiseppina Strepponi. L’abbé Jolivet en sera le curé de 1941 à 1964. En 1987, l’état d’Israël décerne à l’abbé Jolivet la médaille des Justes en mémoire des actions héroïques qu’il a menées pendant la période de l’occupation.

 

 

Collonges_2012Face à l’église est sis le bâtiment du couvent des sœurs de la charité de St-Vincent de Paul, orphelinat fondé en 1833 par le curé Vuarin. Né à Collonges en 1769, propriétaire du domaine de « la Prasle », il est ordonné prêtre catholique à Fribourg en 1797.

À 37 ans, il est nommé curé de l’église de St-Germain, premier lieu genevois après la réforme dédiée au culte catholique en terre protestante.

L’épouse de Lamartine, Mary Ann Elisa Birch, lui a été présentée par le curé Vuarin.

A une extrémité de la Place de Savoie, au cœur du bourg, à l’endroit même où s’élevait la propriété « La Prasle », une plaque commémorative à été érigée. Elle fait référence de l’exil à Collonges du Président de la République Espagnole, Manuel Azana accueilli à la Prasle par l’ethnologue Marcel Griaule.

Le cœur du bourg est formé de bâtiments savoyards typiques mais fortement restaurés et transformés.

3- Hameau du Bourg d’en Haut

Face au cabinet médical on peut voir la salle du Fer à Cheval anciennement appelée « La Tempérance ». Cette salle a été érigée en 1906 par la famille de Beaumont puis offerte à la commune en avril 1933 pour servir de lieu de culture et de fraternisation.

Fer à cheval TOP 1060704

Pigeonnier TOP 1060695

Face à la salle du Fer à Cheval se trouvent un bassin ainsi qu’une croix de mission datant de 1843.

Le long du chemin des Chênes on découvre le château dit « Le Grand Collonges». Cette ancienne propriété des Barons Villard a été acquise d’abord par Pierre Fabri puis par la famille Baulacre (Syndic de Genève). En avril 1710, elle est acquise par les Bouthillier de Beaumont originaires de l’Albenc en Dauphiné. Le chemin d’accès est une allée de chênes plus que centenaires. Cet ensemble permet de découvrir un pressoir, des écuries dans les corps de ferme attenants ainsi qu’un pigeonnier et un petit cimetière privé.

maison oeil de boeuf bourg d'en haut0008Cabinet médical0001Quartier de la rue du Bourg d’en Haut. La Maison  dite « Tapponnier »  et son bassin ; cette demeure était la propriété de cet  ancien maire de Collonges. Et si le stade porte  son nom, ainsi que la bibliothèque municipale, c’est que  cet ancien député érudit, écrivain, était un novateur : dans les années 1920,  il crée avec succès un syndicat d’initiative à Collonges.

4- Hameau et chemin de Corbaz

hameau fleuri Corbaz0861

Le hameau de Corbaz est une des parties les plus anciennes du bourg, dans lequel Louis Bachelard, membre de l’académie de Corbaz, situe ses romans « Le Chasseur Gris », « Le château de Collonges » et « L’ermitage de Corbaz » en 1883. Dans ce secteur il y a un beau groupe de maisons vigneronnes ainsi qu’une croix de mission datant de 1869.

En bas du chemin de Corbaz, les immeubles Novarina (1973) furent construits sur l’ancienne propriété de « La Prasle ». Cette propriété fut un temps la maison familiale du curé Vuarin puis a abrité un autre philanthrope, M. Griaule, ethnologue français de réputation mondiale, chef de la Mission Dakar-Djibouti de 1931 à 1933.

5- Quartier de la Combe

lavoir La Combe792 Collonges_2012

Ce quartier typique ayant encore son lavoir au complet est formé d’un gros pâté de maisons anciennes comme la maison dite « des Grenadiers » ou l’ancienne pension Malinjoud. Dans ce quartier se dresse également une croix de mission datant de 1873.

 

 

 

 

 

6- Route de la Saisiaz

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Sur cette route une belle maison de 1800 dans laquelle son ancien propriétaire, M. Roussel, recevait des écrivains et projetait de construire un téléphérique pour avoir ainsi accès directement au Salève.

 

 

 

7- Route de la Croisette

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Sur cette route se situent les anciens hôtels collongeois : l’hôtel « Beau site » et le restaurant des Nations, « Les Sources », le « Grand hôtel du Parc », le « Carrousel ». Ces hôtels sont des vestiges de l’époque où Collonges-sous-Salève était un lieu de villégiature. Leur voisin, le bâtiment de l’Institut Adventiste (1927/28) est  entouré d’un très beau parc, de cèdres et autres nombreuses essences d’arbres. Pendant la deuxième guerre mondiale, le réseau Adventiste dit «Dutch-Paris» organisé par  Jean Weidner a permis à plus de 1 500 juifs et résistants de se réfugier en Suisse. Jean Wiedner, Yvonne et Emile Bernard ont été élevés au rang de Justes d’Israël pour ces faits de résistance.

8- Les Carrières / Les Sources

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Le mur de falaises nommées « Les Varappes (mot pouvant provenir du celte et signifiant rocher sombre escarpé) dominent la route de la Croisette. C’est en tout cas la seule montagne au monde qui a son propre verbe. En effet le mot varapper vient du nom d’une des gorges du Salève : La Grande Varappe. Dès 1862 commence l’attrait pour ces falaises ; mais ce n’est qu’en 1875 que les membres du Club Alpin Suisse, réunis à la Ferme de l’Hospital à Bossey, baptisèrent par ironie les grimpeurs qui s’acharnaient à essayer de remonter la Grande Varappe «les Varappois» puis Varappeurs. Ce terme entra dans le dictionnaire Larousse en 1920.

En 1897 à Collonges est créée la première organisation de secours en montagne de France, société qui existe toujours sous le nom de « Comité de secours en montagne du Salève ». Cette organisation était hébergée dans la maison des Sauveteurs du Salève. Face à elle le refuge du Salève, café-restaurant ouvert en 1970, a reçu en ses murs plus de 200 personnalités du monde de l’alpinisme. Sur cet emplacement, les Pisteur tenaient une buvette pour les ouvriers de la carrière encore en exploitation (1920-1960). C’est au pied de cette carrière que se réunissent régulièrement vers les années 1850 les lettrés de l’Académie de Corbaz. 

9- Quartier du Coin, route de la Croisette

Panneau rue M. Ravel 0859Dans la rue Maurice Ravel se trouve la maison qui vit naître en 1800 le grand-père du célèbre compositeur qui portait alors le nom savoyard de Ravex.

On peut également observer un pâté de maisons remarquables.

 

 

 

 

10- L'oratoire, le sentier d’Orjobet

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Un petit oratoire « Notre Dame de la Montagne » est érigé au début du sentier d’Orjobet. Ce sentier mythique nous mène au sommet du Salève et nous renseigne sur l’importance du Salève dans la « découverte » de la montagne en général. Le Salève a servi de terrain d’exploration à Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799), « l’inventeur » de la géologie moderne. Le  » pli en genou » du Salève a symboliquement fait la courte échelle à ce savant pour étayer ses recherches, lorsqu’il gravissait à Collonges le sentier d’Orjobet, il s’entraînait pour vaincre le Mont Blanc ! Ses travaux ont grandement participé à valoriser la montagne et même à en construire le mythe.

 

 

 

 

 

11- Quartier "Chez Voirier" (nom exact Vuarrier)

Dans ce quartier était située l’ancienne école du quartier du coin maintenant désaffectée. On y trouve un bassin, un groupe de maisons typiques, l’ancien Café-Gardex-Ravex ainsi que la pension des Lilas.

Nous tenons à remercier Evelyne Croset qui a élaboré ce texte pour nous présenter Collonges « de bas en haut », ainsi que Monsieur André, Monsieur Glanzmann et l’APEC qui ont permis de l’illustrer.

Si des passages de cette rubrique vous semblent  erronés ou mal renseignés, contactez-nous et nous serons alors ravis de partager vos connaissances et au besoin les inclure  pour parfaire ce texte !”